Colloque international

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, l’Université de Tunis, Le Laboratoire de Recherche en Culture, Nouvelles Technologies et Développement (CUNTIC)et l’Institut Supérieur de Musique organisent un colloque international sur les croisements multidisciplinaires en musicologie: Apports, enjeux et limites, les 10 et 11 mars 2022 et lancent à cet effet un appel à communications.

Argumentaire

Dès le moment où la musicologie a pu s’émanciper de son axe traditionnel, le savoir musical a progressivement évolué, et ce en fonction des contextes historiques et épistémologiques. Ce savoir s’envisage comme une science ouverte que J.-J. Nattiez le présente comme un « polyèdre » de différentes facettes. Son extension varie non seulement selon les cultures qui le définissent, mais aussi selon les savoirs qui en rendent possible l’accès.

En partant de l’hypothèse selon laquelle qu’aucun objet n’est monolithique, et que le « Musical » n’est qu’un « concept » et une représentation mentale associés à une réalité du monde (J.-J. Nattiez, 2004), les musicologues de la deuxième moitié du XXe siècle ont choisi le chemin de l’ouverture pour pouvoir instaurer le grand projet de la musicologie multidisciplinaire, conquérant aussi bien sa richesse, que son unité et sa diversité. Dès lors, différentes sciences du savoir humain, à savoir l’anthropologie (Feld, 1982), la linguistique (Lerdahl et Jackendoff, 1983), la sociologie (Menger, 1983), la psychologie (Sloboda, 1985) et la sémiologie (Nattiez, 1987), sont introduites dans cette entreprise musicologique afin de coopérer et exercer, remarquablement, leurs influences sur ce qu’on appelle aujourd’hui la musicologie moderne. D’autres secteurs de l’investigation scientifique ont constitué autant de visions de ce monde (les sciences de la nature, les sciences exactes, les philosophies, les idéologies), ainsi que des différentes prises de positions (le marxisme, le structuralisme, le féminisme, etc.) ont fait également l’objet d’un recours permanent par les musicologues. Ce dialogue transdisciplinaire qui a apporté des acquis scientifiques à la musicologie, est constamment nourri par une conviction selon laquelle tout discours mené sur la musique n’a comme objet que d’approfondir davantage la connaissance des faits musicaux. L’objectif ultime des chercheurs inscrits dans la lignée de ce courant, était de parvenir à expliciter le « fait musical total » (pour reprendre l’expression de Jean Molino en faisant référence à marcel Mauss) dans tous ses aspects et ses dimensions. Plus précisément, il s’agit de rendre compte que ce phénomène couvre de multitudes dimensions, et que celles-ci ne se rapportent pas forcément à la musique comme fait sonore, mais plutôt aux éléments intrinsèques qui constituent sa commune immanence. Il résulte de ce recours aux savoirs pluriels une multiplication de la connaissance de tous les aspects de la musique, manifestée dans la diversité des études musicologiques que l’on peut observer au niveau des approches, des méthodes et des configurations théoriques et épistémologiques, parfois sans clivage déclaré. L’ambition de telles approches, nous mène à s’ouvrir sur un monde réel, avec toute sa complexité, où l’objet musical garde, comme toujours, l’intérêt central du sujet.
Ce colloque s’affiche donc dans le débat, actuel et réitérant, de l’interdisciplinarité en le domaine de la musicologie et qui a pour but de présenter un panorama sur l’ensemble des approches, des concepts, des méthodes et des discours de cette grande entreprise. Il sera articulé autour de quatre axes principaux qui sont comme suit :
Axe 1 :
Le parcours évolutif de la musicologie vers l’ouverture scientifique et le décloisonnement disciplinaire.
Axe 2 :
L’apport et les vertus de l’interdisciplinarité sur la recherche musicologique.
Axe 3 :
Les défis et les problèmes posés par le recours des musicologues aux savoirs extramusicaux.
Axe 4 :
Les enjeux et les limites de la transdisciplinarité en musicologie.

Pour soumettre une candidature

Veuillez noter que les propositions des communications (en arabe, en français ou en anglais) doivent être envoyées à cette adresse : samoud.wael@gmail.com

Les résumés (entre 300 et 500 mots) doivent comporter la présentation du sujet, la/les problématique(s) théorique(s),  la démarche méthodologique et trois mots clés, suivis d’une courte biographie.

Les normes de rédaction seront communiquées ultérieurement aux candidats ayant reçu un avis favorable pour la publication. Les articles dans leurs versions finales feront l’objet d’une publication collective.

Les propositions sont à envoyer avant le 15 décembre 2021.

La réponse  d’approbation (ou de rejet) vous sera communiquée avant le 15 janvier 2022.

Comité d’organisation

Wael Samoud, Aicha Khalfaoui, Aicha Kalleli, Nour Ben Hamadi, Amira Loubiri.

Calendrier

  •  > Date limite d’envoi des propositions résumées de communication: 15 décembre 2021.
  • > Réponse du comité scientifique: 15 janvier 2022.
  • > Le congrès se déroulera les 10 et 11 mars 2022.